Pont de Drammen : quand l’argile molle dicte les fondations

Un nouveau pont mixte acier-béton de 286 m à Drammen, en Norvège, montre à quel point le sol peut déterminer toute la conception d’un franchissement fluvial.

Dans un dossier approfondi, New Civil Engineer décrit comment les concepteurs et l’entreprise ont traité l’argile molle, une « forêt » de pieux en bois et un milieu fluvial exigeant.

Points clés

L’ouvrage remplace un pont en béton armé de 1936 et franchit 170 m de rivière avec des travées de 46 m, 86 m et 42 m, auxquelles s’ajoute une section de 84 m au-dessus d’une voie ferrée. Le site repose sur une argile limoneuse molle à moyennement raide, avec de l’argile sensible et de l’argile « quick » vers l’une des rives ; le bon sol porteur se trouve entre 40 m et 70 m sous le niveau de l’eau.

Les fondations s’appuient sur des pieux à âme métallique forés dans le rocher. Certains sont inclinés afin de partager les efforts horizontaux dus aux grandes portées et aux charges de glace, et un pieu extérieur en acier rempli de béton armé apporte capacité en flexion et rigidité. Les pieux ont été mis en place depuis une barge, puis un batardeau en palplanches a servi à réaliser les semelles, la plus grande mesurant environ 14 m sur 14 m pour 4 m de hauteur. Les anciens pieux en bois, limités à environ 20 m, n’atteignaient pas le bon sol et n’ont pas été réutilisés.

Une analyse précoce a ramené le nombre de piles dans la rivière de trois à deux, en raison de la complexité du sol. Les sections ferroviaire et fluviale ont été construites séparément puis solidarisées en fin de travaux, ce qui évite de transférer des efforts entre elles et supprime le joint de dilatation.

Pourquoi c’est important pour la conception et la vérification

Ce cas illustre un principe bien connu des équipes d’ouvrages d’art : les conditions de fondation déterminent souvent le schéma structurel, et non l’inverse. Le nombre de piles, la répartition des travées, la stratégie d’appuis et le phasage ont tous découlé de ce que le sol permettait. Pour un vérificateur indépendant, le modèle géotechnique, le cheminement des charges du tablier aux semelles et les hypothèses sur les actions horizontales figurent parmi les premiers points à examiner.

Points pratiques

  • Considérer dès le départ les fondations existantes, comme d’anciens pieux en bois, comme une donnée de conception.
  • Vérifier la rigidité horizontale et les actions de glace ou de courant, pas seulement la capacité verticale.
  • Conserver les phases de construction dans le modèle lorsque les sections sont réalisées séparément.

Ces remarques sont des observations techniques générales et ne constituent pas une position sur un projet particulier.

Source : New Civil Engineer – Drammen City Bridge shows how smart engineering decisions can facilitate foundation construction

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